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Marie DadomoStudio de développement
Existant

Ajouter une fonctionnalité à un site existant : ce qu’il faut savoir

Par
Marie Dadomo
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5 minutes
En résumé
Le site compte plus que la demande

« J’ai déjà un site, je voudrais juste ajouter… » La suite de la phrase change peu de chose au prix. Ce qui le détermine, c’est l’état du site sur lequel il faut intervenir — au point qu’une même fonctionnalité peut coûter du simple au sextuple.

Figure 1La même fonctionnalité, sur trois sites différentsAjout d’une prise de rendez-vous en ligne. Le périmètre fonctionnel est identique dans les trois cas ; seul le terrain change.
Site récent, code propre et documenté1 à 2 j
Site correct, sans documentation3 à 5 j
Site ancien, développeur injoignable8 à 12 j
051015 jours

C’est la demande la plus courante, et celle où l’on comprend le moins la réponse. Vous voulez ajouter une prise de rendez-vous, un paiement en ligne, un espace client. La fonctionnalité est banale, elle existe partout. Et pourtant les devis reçus vont de 800 à 6 000 € pour la même chose.

Ce n’est pas de la fantaisie. Le prix d’un ajout dépend beaucoup plus du site que de la fonctionnalité. Intervenir dans du code qu’on ne connaît pas, c’est comme percer un mur sans savoir où passent les câbles : l’essentiel du travail consiste à regarder avant de percer.

Pourquoi le terrain compte plus que la demande

Sur un site récent, bien construit et documenté, ajouter une fonctionnalité revient à écrire ce qu’elle fait. Sur un site de huit ans dont personne n’a le mode d’emploi, il faut d’abord reconstituer comment il marche — et cette étape-là ne se voit pas dans le résultat, ce qui la rend très difficile à faire accepter.

Figure 2Où passe le temps sur une intervention en terrain inconnuAjout d’une fonctionnalité sur un site dont on ne connaît pas le code. La part visible du travail est minoritaire.
Comprendre le code existant
35 %
Développer la fonctionnalité
30 %
Vérifier qu’on n’a rien cassé
25 %
Mise en ligne et reprise
10 %

Le quart consacré aux vérifications n’est pas du confort. Dans un site que personne ne maîtrise, une modification peut casser une page qui n’a rien à voir — un panier qui cesse de fonctionner parce qu’on a touché au formulaire de contact, ça arrive.

Les trois questions à préparer

Avant de demander un devis, réunissez ces trois éléments. Ils déterminent à eux seuls la moitié du prix, et leur absence est ce qui fait le plus grimper les estimations.

  • Avez-vous le code source ? Pas le site en ligne : les fichiers. S’ils sont chez l’ancien prestataire et qu’il ne répond plus, c’est le premier problème à régler.
  • Avec quoi le site est-il fait ? WordPress, Wix, Shopify, sur mesure. Un site sur mesure accepte à peu près tout ; une plateforme fermée impose ses limites, et parfois refuse purement et simplement.
  • Qui a les accès ? Hébergement, nom de domaine, base de données. Sans eux, aucune mise en ligne n’est possible, et les récupérer prend parfois plus de temps que le développement.

Ces trois réponses valent mieux qu’un cahier des charges de vingt pages. Elles disent si le chantier est simple, coûteux, ou impossible en l’état.

Faut-il repasser par le développeur d’origine ?

Quand c’est possible, oui : il connaît le terrain, il ira plus vite, et il assume la cohérence de l’ensemble. C’est presque toujours l’option la moins chère.

Mais trois situations justifient d’en changer : il ne répond plus, ses délais ne sont plus tenables, ou il refuse de livrer le code source. Ce dernier point n’est pas un détail — un site dont vous n’avez pas le code n’est pas vraiment le vôtre, et vous êtes lié à un prestataire unique pour toute évolution future.

Le coût d’un changement de prestataire ne se paie pas au moment du changement. Il se paie sur la première fonctionnalité qu’on ajoute après.

Les demandes les plus fréquentes

Quatre ajouts reviennent en permanence. Voici ce qu’ils impliquent réellement, au-delà de l’écran qu’on voit.

La prise de rendez-vous en ligne

L’écran est simple, la mécanique l’est moins : gestion des créneaux, des annulations, des fuseaux horaires, envoi des confirmations, synchronisation avec votre agenda. Souvent, brancher un service existant coûte moins cher que le développer, et se fait en une à deux journées.

Le paiement en ligne

Le paiement lui-même est standard. Ce qui prend du temps, c’est tout ce qui l’entoure : factures, remboursements, échecs de paiement, conditions générales de vente et conformité. Comptez rarement moins de trois jours, même pour un « simple bouton payer ».

L’espace client

C’est le plus lourd des quatre : il introduit des comptes, donc un serveur, des mots de passe, une récupération d’accès et des obligations RGPD. Sur un site qui n’en avait pas, c’est moins un ajout qu’un nouveau chantier.

Le multilingue

Techniquement abordable, éditorialement coûteux : il faut traduire tous les contenus, et chaque page ajoutée devra l’être aussi, pour toujours. La question n’est pas de savoir si c’est faisable, mais qui écrira la version anglaise dans deux ans.

Quand l’ajout n’est plus la bonne réponse

Il existe un seuil au-delà duquel greffer coûte plus cher que refaire. On y est quand chaque ajout demande plus de temps que le précédent, quand plus personne n’ose toucher à certaines pages, ou quand la technologie du site n’est plus maintenue — un site qui ne reçoit plus de correctifs de sécurité est un risque, pas un actif.

Dans ce cas, une refonte revient souvent moins cher sur deux ans que la succession de rustines. La bascule se calcule : si l’ajout demandé dépasse le tiers du prix d’un site neuf, la question mérite d’être posée.

Dans le doute, envoyez-moi l’adresse de votre site et ce que vous voulez y ajouter. Je regarde ce qu’il y a sous le capot et je vous dis si c’est une demi-journée ou un chantier — sous 48 heures, sans engagement.

Marie Dadomo

Développeuse indépendante à Angers. Huit ans de projets pour l’hôpital, les services de secours, l’aéronautique et l’assurance (CNP, Sodifrance), et trois applications publiées sur l’App Store et Google Play : Equio, VetSafe et Ellyo.

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