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Marie DadomoStudio de développement
Mobile

Mon entreprise a-t-elle besoin d’une application mobile ?

Par
Marie Dadomo
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6 minutes
En résumé
Quatre critères, trois alternatives

La plupart des entreprises qui demandent une application n’en ont pas besoin — un site bien fait sur téléphone couvrirait le même usage pour cinq fois moins cher. Voici les quatre critères qui départagent, et les trois alternatives à considérer avant d’engager plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Figure 1Trois façons d’être présent sur un téléphoneOrdres de grandeur pour un projet mené par un indépendant expérimenté. Les trois répondent au même besoin de départ — être utilisable sur mobile — mais pas au même usage.
Un site impeccable sur téléphone4 200 €
Une application web installable≈ 9 000 €
Une application sur les stores11 à 26 k€
010 k20 k30 k€

La demande arrive rarement sous forme de besoin. Elle arrive sous forme de solution : « il nous faudrait une application ». Quand on remonte à ce qui la motive, on trouve presque toujours l’une de ces trois raisons — un concurrent en a une, le site est mauvais sur téléphone, ou on veut « être plus proche des clients ».

Aucune des trois ne justifie une application. Les deux premières se règlent avec un site correct, la troisième avec un e-mail bien écrit. Voici les quatre critères qui, eux, la justifient réellement.

Les quatre critères qui justifient une application

Il en faut au moins deux. Avec un seul, une application est presque toujours un luxe ; avec zéro, c’est une dépense qui ne sera jamais amortie.

1. L’usage est répété

Une application n’a de sens que si la même personne l’ouvre plusieurs fois par mois. En dessous, elle sera désinstallée au premier nettoyage de téléphone — et il faudra tout recommencer pour la faire réinstaller.

Un garage qu’on visite deux fois par an, un artisan qu’on appelle quand une fuite apparaît, un cabinet qu’on consulte à l’occasion : ce sont des usages de site, pas d’application. Le client n’installera rien pour une visite annuelle.

2. Le travail se fait là où il n’y a pas de réseau

C’est le critère le plus discriminant, et le seul qu’un site ne peut pas couvrir correctement. Un technicien en sous-sol, un intervenant en zone blanche, un professionnel en extérieur : si la saisie doit fonctionner sans réseau et se synchroniser plus tard, il faut une application.

3. Vous avez besoin de notifications

Prévenir quelqu’un sans qu’il vienne consulter. Attention toutefois : c’est le critère le plus mal utilisé. Une notification promotionnelle hebdomadaire ne fait pas revenir, elle fait désinstaller. La notification justifie une application quand elle porte une information attendue : une commande prête, une intervention validée, une alerte de terrain.

4. Vous utilisez le matériel du téléphone

Appareil photo en usage intensif, lecture de codes-barres, GPS en continu, capteurs, Bluetooth. Un site sait faire des photos simples ; il ne sait pas scanner cent codes à la chaîne ni suivre une position pendant une tournée.

Les trois alternatives à examiner avant

  • Un site vraiment fait pour le téléphone. C’est l’option la moins chère et celle qui couvre le plus de cas. Si votre besoin est « qu’on puisse consulter et prendre rendez-vous depuis un mobile », vous n’avez pas besoin d’autre chose.
  • Une application web installable. Elle s’ajoute à l’écran d’accueil, fonctionne partiellement hors ligne et peut envoyer des notifications, sans passer par les stores ni par leur validation. Un bon compromis quand l’usage est répété mais le budget serré.
  • Un outil existant. Prise de rendez-vous, fidélité, messagerie : des services éprouvés coûtent quelques dizaines d’euros par mois et se branchent en deux jours. Développer sur mesure ce qui existe déjà est le plus sûr moyen de dépenser beaucoup pour faire moins bien.

Une application qu’on installe et qu’on n’ouvre plus coûte exactement le même prix qu’une application utilisée tous les jours.

Les signes qu’elle ne sera jamais téléchargée

Avant de chiffrer, il faut se poser la question que personne ne pose : pourquoi quelqu’un l’installerait-il ? Télécharger demande un effort — chercher, accepter, attendre, parfois créer un compte. Cet effort doit être payé par un gain immédiat.

  • Elle ne fait rien de plus que le site. Si le contenu est identique, personne n’installera : le site est déjà là, et il ne prend pas de place.
  • Le gain arrive plus tard. « Vous cumulerez des points » ne suffit pas. Le bénéfice doit être visible à la première ouverture.
  • Elle demande un compte avant de montrer quoi que ce soit. C’est le premier motif d’abandon, très loin devant tous les autres.
  • Votre audience est trop étroite. En dessous de quelques centaines d’utilisateurs réguliers, le coût par utilisateur devient déraisonnable.

Le cas où la réponse est oui

Il existe un profil pour lequel l’application est la bonne réponse, et il est reconnaissable : une application métier, utilisée quotidiennement par des équipes identifiées, souvent sur le terrain, avec des données à saisir hors réseau. Là, l’usage est garanti, l’application n’a pas à être « adoptée », elle est l’outil de travail.

L’autre profil qui tient : un service dont l’usage est intrinsèquement mobile et répété, où le téléphone n’est pas un écran de plus mais le lieu même du service.

Si vous vous reconnaissez dans l’un des deux, la suite se joue sur le périmètre : ce qui fait varier le prix d’une application explique où part l’argent, poste par poste. Sinon, rendre votre site impeccable sur téléphone vous coûtera cinq fois moins cher pour le même résultat.

Si la réponse est oui, la prestation correspondante dit ce qu’elle comprend et en combien de temps. Dans le doute, décrivez-moi l’usage que vous imaginez — pas la solution, l’usage. Je vous dis franchement si une application se justifie, et sinon ce qui la remplace. Réponse sous 48 heures.

Questions fréquentes

Une application améliore-t-elle l’image de mon entreprise ?

Non, pas en soi. Une application peu utilisée, mal notée ou qui ne fonctionne plus sur les derniers téléphones fait l’effet inverse. C’est l’usage qui crée la valeur, pas la présence sur un store.

Peut-on faire une application à petit budget ?

Oui, en réduisant le périmètre : pas de comptes utilisateurs, pas de hors ligne, un seul parcours. En dessous de ce seuil, une application web installable rend le même service pour bien moins cher.

Combien d’utilisateurs faut-il pour que ce soit rentable ?

Il n’y a pas de seuil universel, mais en dessous de quelques centaines d’utilisateurs réguliers, le coût par utilisateur devient difficile à justifier — sauf pour un usage métier, où c’est le temps gagné qui compte.

Faut-il être sur les deux stores ?

En général oui : se priver de l’un revient à se priver de la moitié du public. Avec une base de code unique, le coût du second est marginal.

Marie Dadomo

Développeuse indépendante à Angers. Huit ans de projets pour l’hôpital, les services de secours, l’aéronautique et l’assurance (CNP, Sodifrance), et trois applications publiées sur l’App Store et Google Play : Equio, VetSafe et Ellyo.

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