Aller au contenu
Marie DadomoStudio de développement
Performance

Site rapide, plus de clients : l’impact de la vitesse sur les conversions

Par
Marie Dadomo
Le
Lecture
4 minutes
En résumé
Le seuil est à 2,5 s

La vitesse d’un site agit deux fois : sur son classement dans Google, et sur le nombre de visiteurs qui restent assez longtemps pour vous contacter. Voici les seuils exacts que Google applique, comment mesurer le vôtre, et les cinq causes de lenteur — dont quatre se corrigent sans refonte.

Figure 1Les seuils que Google applique à une pageTemps d’affichage du contenu principal, mesuré sur les visiteurs réels d’un site. Ce sont les paliers publics du moteur, pas une estimation.
Rapide≤ 2,5 s
À améliorer2,5 à 4 s
Lent> 4 s
0246 secondes

La vitesse est le seul défaut d’un site qui agit avant qu’on ait vu quoi que ce soit. Un visiteur venu de Google sur un téléphone en 4G n’attend pas : il revient en arrière et clique sur le résultat suivant. Votre page a été affichée dans les résultats, elle n’a rien rapporté.

Et l’effet est double. Google mesure la vitesse réellement ressentie par vos visiteurs et s’en sert comme critère de classement. Un site lent est donc à la fois moins bien placé et moins convaincant — les deux pertes se cumulent.

Ce que Google mesure exactement

Pas le temps de chargement total, contrairement à une idée répandue, mais le moment où l’élément principal de la page devient visible : le grand titre, l’image de tête, le bloc de texte. C’est ce que le visiteur perçoit comme « la page est là ».

Les seuils sont ceux de la figure ci-dessus : au-delà de 2,5 secondes, la page cesse d’être considérée comme rapide ; au-delà de 4 secondes, elle est jugée lente. Ces mesures sont faites sur vos visiteurs réels, avec leurs téléphones et leurs connexions — pas sur une machine idéale.

Les cinq causes de lenteur

1. Les images non préparées

C’est la cause numéro un, et de très loin. Une photo sortie d’un appareil pèse plusieurs mégaoctets et mesure 6 000 pixels de large, pour être affichée dans un cadre de 800. Redimensionnée et convertie au bon format, la même image pèse cinquante fois moins — sans différence visible.

Effet : souvent la moitié du temps de chargement, corrigeable en une journée sur n’importe quel site.

2. Les extensions accumulées

Chaque module ajouté au fil des ans charge son propre code, souvent sur toutes les pages, y compris celles qui ne s’en servent pas. Un site qui en compte trente en utilise réellement cinq. Faire le ménage est gratuit et immédiat.

3. Les traceurs et scripts tiers

Statistiques, publicités, boutons de réseaux sociaux, chat en ligne, cartes interactives. Chacun paraît anodin, chacun ajoute des requêtes vers d’autres serveurs — sur lesquels vous n’avez aucune prise. Un chat en ligne peut à lui seul retarder l’affichage d’une seconde.

4. Un hébergement au rabais

Sur une offre d’entrée de gamme, votre site partage une machine avec des centaines d’autres. Aux heures de pointe, le serveur met une seconde à répondre avant même d’avoir commencé à envoyer la page. Quelques euros de plus par mois règlent ce que des jours d’optimisation ne rattraperont pas.

5. Des polices lourdes

Cinq graisses de deux familles de caractères, chargées depuis un serveur extérieur, retardent l’affichage du texte — et provoquent ce clignotement où la page apparaît dans une police, puis change. Deux graisses, servies depuis votre propre site, suffisent presque toujours.

Ce qui se corrige sans refonte

Quatre des cinq causes sont indépendantes de la façon dont le site est construit. Les images, les extensions, les traceurs et l’hébergement se traitent sur le site existant, en un à trois jours, quel que soit son âge.

La lenteur d’un site vient rarement de son code. Elle vient de ce qu’on y a ajouté année après année, sans jamais rien retirer.

La seule cause structurelle est un site qui charge l’intégralité de son contenu avant d’afficher quoi que ce soit. Là, il ne s’agit plus d’optimiser : c’est une question de refonte.

Comment mesurer le vôtre

  • Le test à la main : votre site sur un téléphone, en données mobiles, cache vidé. Comptez à voix haute jusqu’à ce que le contenu principal soit lisible.
  • L’outil de Google : PageSpeed Insights donne la mesure sur vos visiteurs réels, avec la liste de ce qui pèse le plus. Gratuit, et sans inscription.
  • Le bon jour : mesurez à une heure de forte affluence, pas le dimanche matin. C’est aux heures de pointe qu’un hébergement faible se voit.

La vitesse fait partie des sept défauts qui font partir un visiteur avant qu’il vous contacte, et pèse aussi sur votre classement.

Si votre site dépasse les quatre secondes et que vous ne voyez pas pourquoi, envoyez-moi son adresse : je vous dis d’où vient la lenteur et si elle se corrige sur l’existant. Réponse sous 48 heures.

Marie Dadomo

Développeuse indépendante à Angers. Huit ans de projets pour l’hôpital, les services de secours, l’aéronautique et l’assurance (CNP, Sodifrance), et trois applications publiées sur l’App Store et Google Play : Equio, VetSafe et Ellyo.

À lire ensuite