Reprendre un site développé par quelqu’un d’autre : ce qui se passe vraiment
Un prestataire qui ne répond plus, et c’est tout un site qui devient inaccessible. La reprise est presque toujours possible — son prix ne dépend pas du site, mais d’une seule chose : ce que vous avez entre les mains au moment où vous appelez.
La situation arrive plus souvent qu’on ne l’imagine : le prestataire a changé de métier, l’agence a fermé, le stagiaire qui avait fait le site est parti depuis longtemps. Le site fonctionne encore — jusqu’au jour où il faut le modifier, ou simplement renouveler quelque chose.
La bonne nouvelle : une reprise est presque toujours possible. La mauvaise : son prix varie du simple au sextuple selon ce que vous avez récupéré avant que la porte ne se ferme.
Les quatre clés à récupérer
Par ordre d’urgence. Si vous êtes encore en contact avec votre prestataire, même mal, demandez-les aujourd’hui — pas le jour où vous en aurez besoin.
- Le nom de domaine. C’est la clé la plus importante et la plus souvent négligée. S’il est enregistré au nom de votre prestataire, vous ne possédez pas votre adresse : le jour où il cesse de payer, votre site disparaît, e-mails compris.
- Les accès à l’hébergement. Sans eux, impossible de mettre quoi que ce soit en ligne, même avec le code en main.
- Le code source. Pas le site en ligne : les fichiers. C’est ce qui permet de modifier plutôt que de tout refaire.
- Les comptes tiers. Boîte e-mail professionnelle, service d’envoi, module de paiement, statistiques. Chacun bloqué séparément.
Ce qui se passe quand il manque le code
C’est le cas le plus fréquent. Le site est en ligne, il fonctionne, mais personne n’a les fichiers. Deux situations, très différentes.
Si vous avez l’hébergement, le code y est : on le récupère en une heure. C’est le meilleur des cas — beaucoup de gens ignorent qu’ils l’ont déjà.
Si vous n’avez rien, il faut reconstruire. On récupère ce qui est public — textes, images, structure des pages — et on rebâtit le reste. À ce stade, la question n’est plus « comment reprendre », mais « reprendre ou refaire » : rebâtir à l’identique un site qu’on ne peut pas inspecter coûte souvent plus cher que d’en faire un neuf, en mieux.
Un site dont vous n’avez ni le code, ni les accès, ni le domaine n’est pas votre site. C’est un service que quelqu’un vous rend, et qu’il peut cesser de rendre.
Le déroulement d’une reprise
Quand tout est disponible, une reprise ne prend qu’un à deux jours avant de pouvoir travailler normalement. Ce temps sert à trois choses, dans cet ordre :
- Sécuriser. Changer tous les mots de passe, vérifier qui a encore accès à quoi, remettre le nom de domaine et les comptes au nom de votre entreprise.
- Sauvegarder. Une copie complète du site et de sa base, avant de toucher à quoi que ce soit. C’est le filet qui permet tout le reste.
- Comprendre. Lire le code, repérer ce qui est fait maison et ce qui vient d’ailleurs, identifier ce qui n’est plus à jour. C’est cette étape qui rend les modifications suivantes rapides et sûres.
Ne plus jamais se retrouver bloqué
Trois règles suffisent, et elles se posent au moment du devis, pas à la fin du projet.
- Le nom de domaine et l’hébergement sont à votre nom, payés par votre entreprise. Votre prestataire y accède, il ne les possède pas.
- Le code source vous est livré, et c’est écrit dans le devis. Un prestataire qui refuse vous vend une dépendance, pas un site.
- Vous avez la liste des accès, tenue à jour. Une page dans un coffre-fort de mots de passe suffit.
Ces trois points font partie des questions à poser avant d’engager un développeur. Ils ne coûtent rien à exiger au départ, et très cher à réclamer après.
Si vous êtes déjà dans la situation, écrivez-moi avec l’adresse de votre site et ce que vous avez sous la main : je vous dis ce qui est récupérable, ce qui ne l’est pas, et ce que ça représente. Réponse sous 48 heures.
Développeuse indépendante à Angers. Huit ans de projets pour l’hôpital, les services de secours, l’aéronautique et l’assurance (CNP, Sodifrance), et trois applications publiées sur l’App Store et Google Play : Equio, VetSafe et Ellyo.